Div-e Gorbeh

دیو گربه

Le son des bombardements

Témoignage de diaspora.

Je me souviens du son des bombardements pendant la guerre Iran-Irak. Chacun se rapprochant de plus en plus, et le sol qui tremble. Quand mes ami·e·s aux Etats-Unis parle de la guerre, je leur ris au nez. Ils n'ont aucune idée de ce que c'est réellement.

Commentaire sous une vidéo de bombardements

Il pleut à Yazd

Série de témoignages d'Iran.

Il pleut à Yazd. Je ne peux pas m'empêcher de penser au derviche. A son poème. De penser à cette crainte que, à la fin, je ne pourrais plus jamais vivre sur cette terre comme je le voudrais, alors que je l'aime – que je pourrais finalement me retrouver sans lieu. Sans abris. Sans racines.

-

Qu'as-tu fais aujourd'hui ? J'ai dormi. Ma mère m'appelle, me demande comment je vais. Sans m'en rendre compte, il y a déjà la moitié de la journée qui s'est écoulée. Elle veut savoir si je vais bien. Je lui dit “ma chère, la journée est calme, tout va bien”. Je mens. Elle le sait, et ne dit rien. Ça fait quelques jours que mes parents sont partis pour le village. Mon frère et moi y sommes allé·e·s au nouvel an, mais à présent je suis de retour à Téhéran. A la fin de l'appel, je ferme de nouveau mes yeux. Je ne veux pas ressentir de nouveau ce que j'ai ressenti hier. Alors je dors, en essayant de repousser à un peu plus tard cette nouvelle journée.

-

Depuis des nuits, à Téhéran en tout cas, on dirait que c'est la fin du monde.

Quasiment toutes les nuits, nous disons : cette nuit était la plus dure nuit de toute la guerre.

-

Je garde mon téléphone, carte d'identité et un carnet dans lequel j'ai écrit mes dernières volontés, toujours près de moi. J'ai tout préparé pour faciliter la tâche aux services de secours.

-

C'était l'année où j'ai perdu ma mère. Où mes compatriotes sont mort·e·s. L'année des missiles. L'année où la sombre réalité de la tyrannie est revenue, encore.

Une année amère. Une année qui n'aurait pas être traversée sans la présence de beaucoup d'entre vous à mes côtés, prenant ma main, pas après pas, de sorte à ce que je ne m'écroule pas, afin que je ne disparaisse pas.

Sans vous, je ne serais plus là. Merci.

Textes en Persan et en Anglais

La guerre et les meurtres continuent !

Témoignage sur les bombardements états-uniens et israéliens intenses sur Téhéran pendant la nuit du 29 mars 2026, par un habitant de l'Ouest de Téhéran.

La guerre et les meurtres continuent ! Ils viennent de nous dire d'évacuer le quartier d'Ekbatan [à l'Ouest de Téhéran], au bloc n°4 de la phase n°2. Nous venons d'entendre une explosion hyper intense. Une bombe s'est abattue sur les usines aérospatiales ; les infrastructures énergétiques ont été touchées, le chaos est total. Nous avons toujours de l'électricité dans notre quartier, mais le courant a été interrompu dans le Nord et dans l'Est de Téhéran.

Je me tenais debout devant la fenêtre, regardant au dehors. J'ai senti l'onde de l'impact arriver jusqu'à ma fenêtre, mais ça ne l'a pas brisée. C'est l'explosion la plus proche et la plus intense que j'ai vécue depuis le début de cette guerre.

Aux blocs 4 et 6, et de 10 à 14 de la phase 2 d'Ekbatan, nous sommes tous près des usines aérospatiales. Entre elles et nos logements, il n'y a qu'une rue de taille moyenne.

Le cousin d'un des gars avec qui je travaille a été enrôlé de force pour le service militaire. Son service a eu lieu à Téhéran, et il y a été tué par les bombes dans la journée.

En ce moment même, il n'y a plus d'électricité à Karaj, Gohardasht, dans tout le Nord et l'Est de Téhéran, et dans une partie de l'Ouest de Téhéran. Ils visent les infrastructures énergétiques. Beaucoup de gens ne tiennent plus le coup... Vivre trois crises de panique dans la même journée... Combien de plus nos corps sont-ils capables d'encaisser ?

Texte en Persan et en Anglais

Norouz sous les bombes

Témoignages venus d'Iran, à l'aube de Norouz (20 mars 2026).

Notre VPN marche de nouveau, mais le signal est très faible... Je pensais qu'ils nous laisseraient tranquille aujourd'hui et demain ; qu'ils nous laisseraient entrer dans la nouvelle année sans le bruit des bombes et des avions de chasse. Dès l'aube, ils ont pourtant bombardé le carrefour près de notre maison, et à présent, alors que nous célébrons la nouvelle année, ils l'ont “accueillie” par plusieurs bombardements intensifs sur l'Est de Téhéran... Bonne année depuis Téhéran sous les bombes...

-

Ces derniers jours, je voulais écrire à propos de nos conditions de vie sous les missiles. D'autant plus car il y a tant de personnes qui travaillent activement à essayer d'effacer notre humanité. A effacer nos visages, nos voix, nos noms. A insister sur le fait que ce serait “le coût nécessaire d'une frappe chirurgicale”, qu'il y a une nécessité à ce que nos vies soient meurtries par la guerre, et que bien que ça soit douloureux, ce serait inévitable, afin d'accueillir le futur qu'ils prétendent nous offrir. Je voulais écrire, encore et encore, pour dire que nous sommes des personnes, que nous sommes là, que nous respirons dans cette ville ; et que nos maisons, nos vies, notre travail, et notre futur, comptent aussi. Mais je n'y arrivais pas.

-

Les forces de l'ordre ont condamné l'accès au cimetière de Khavaran, empêchant les familles d'y entrer. Chaque année, ce lieu devient témoignage de l'endurance et de la résistance silencieuse des familles des prisonnier·e·s politiques exécuté·e·s dans les années 1980.

-

Une mère qui a perdu son enfant et son petit-enfant de cinq dans l'attaque du vol 752 : “Au prétexte de 'soutenir le peuple', ils ont brisé la vie d'une nation entière : en détruisant les infrastructures vitales (écoles, hôpitaux, logements), en privant d’électricité, d'eau, de pain, en répandant l'insécurité et la terreur. Ce n'est pas du soutien : c'est une guerre contre le peuple. Nous, peuple d'Iran, sans défense, ne sommes pas des instruments de guerre. Nous voulons la vie, pas la guerre.”

-

Des bombardements incessants ont commencé à Téhéran juste après le début du nouvel an. C'est la chose la plus vicieuse et indécente que j'ai jamais vécue. Désacraliser ainsi tout ce que le monde a de plus beau et d'ancestral, c'est ce que les colons incivilisés aiment le plus faire.

-

Un petit compte rendu de ces journées en Iran sous la guerre : Plus j'entends des témoignages en Iran ces derniers jours, plus je comprends que “guerre” n'est pas un terme unique. Chaque personne en a sa propre perception. Ça change d'une ville à une autre, d'un quartier à celui d'à côté, et même d'un appartement à un autre au sein du même immeuble. C'est comme si chaque foyer avait sa propre histoire à écrire.

Si tu as des enfants ou non, si il y a quelqu'un dans ta famille qui est malade ou non, si tu as un proche en danger ou dans l'incapacité de se déplacer... chacune de ces situations porte un univers propre, et changera ton expérience de la guerre. Même tes souvenirs dans ce pays, tout ce que tu as vu et vécu avant, changera ton interprétation de ce qui est en train de se produire, et aura un effet sur comment tu fais affrontes la peur aujourd'hui.

La distance d'un bombardement a son importance. Mais même quand tu entends le même bruit depuis le même immeuble, au même moment, les réactions divergent. Une personne court, une autre se retrouve paralysée d'effroi, une autre prie, une autre reste silencieuse et attend de voir si un nouveau bruit va advenir ou non.

Aucune expérience ne se ressemble. Et d'ailleurs elles ne sont pas censées être homogènes. C'est pour ça qu'il est difficile de parler en terme de “l'expérience du peuple”. Je ne peux que vous narrer ma propre expérience. La manière dont je la ressens. Ni plus, ni moins. C'est sans doute uniquement dans la mort que tout devient indifférencié. Dans la mort, il y a plus aucun ressenti, aucune sensation, pour personne. Mais vivre sous la menace constante, ça, ça prend une forme différente pour chaque personne.

-

A Téhéran, les habitant·e·s ont cuisiné des plats traditionnels de nouvel an (sabzi polo ba mahi) pour les offrir aux équipes de secours.

Texte en Persan et en Anglais

Non à la guerre et à la dictature !

Traduction d'un texte de Mohamad H., enseignant et porte-parole de la coordination des syndicats des enseignant·e·s en Iran. Ecrit le 8 mars 2026.

Internet est coupé, et nous vivons parmi les bombes et les explosions. Au milieu de ce chaos morbide, la plus belle chose que nous pouvons faire, c'est prendre soin les un·e·s des autres. Nous devenons chacun·e la voix de l'autre. Dans nos quartiers, nous organisons des réseaux de solidarité, nous prenons soin de nos aîné·e·s, nous partageons entre nous de l'eau et de la nourriture. Notre survie repose sur la solidarité.

Non à la guerre et à la dictature !

Texte original en PersanTexte en Anglais

Essayez de rester en vie

Traduction d'un texte de Laleh R., citoyenne iranienne.

Essayez de rester en vie, mes cher·e·s ami·e·s.

Car sinon, ils commenceront par nier le fait que vous soyez mort·e. Ensuite, ils diront que vous faisiez partie du gouvernement. Après, ils diront que vous deviez être à proximité d'un site militaire. Puis ils diront que vous viviez dans un quartier de cadres du régime, et que vous deviez donc être l'un·e d'entre eux... Enfin, ils diront que c'est en fait le gouvernement iranien qui vous a ciblé·e.

Et si rien de tout cela ne fonctionne, ils diront que les frappes “chirurgicales” font parfois des dommages collatéraux. Et puis ils écriront que 39 999 c'est moins que 40 000.

Texte en Anglais et en Persan

Un enfant sous les bombes

Traduction d'un témoignage de Nazanin M., qui vit avec sa soeur, son beau-frère et leur fils de 4 ans. Écrit le 1er Mars 2026.

Le fils de ma sœur m'appelle. Il me dit, affolé, qu'il y a un missile au dessus de ma tête. Depuis la nuit dernière, il n'arrête pas de s'agiter. On essaye de le réchauffer, on lui passe de la musique. Dans deux ou trois semaines, il aura cinq ans. On fait tout notre possible pour lui. On a pas le choix. Il faut tenir bon.

Dans la matinée, après le petit déjeuner, tout l'immeuble s'est mis à trembler. Nous nous sommes réfugié·e·s dans le couloir. Mon neveu se cache les yeux avec les mains. Il essaye de ne pas pleurer.

Je dis à ma sœur que j'ai peur. Le petit me dit “Moi aussi, et j'ai envie de pleurer”. Nous lui disons que dans ce genre de moments, ça fait du bien de pleurer. L'immeuble tremble de plus belle, le petit se bouche les oreilles, et moi j'espère seulement que si quelque chose devait arriver, je serais en mesure de le protéger. Vous savez, dans cette situation, tout ce qui nous reste, c'est notre vie à offrir au milieu du chaos, à laisser à nos proches. Nos vies ne tiennent qu'à un fil et je prie pour qu'aucun de ces fils ne lâchent.

Mes pensées vagabondent. Je pense à toute la ville, à tous les enfants qui la peuplent, à toutes les personnes isolées, les personnes sans abris, à ce petit garçon qui plonge sans cesse dans les poubelles de la ville pour trouver de quoi manger, au vieil homme d'à côté qui fait des allers-retours dans la rue en fauteuil roulant tous les après-midi, je pense aux autres villes et à toutes ces autres personnes partout dans le pays... et j'ai l'impression que mon cerveau va exploser. Je ne cesse de lui ordonner d'attendre, de tenir bon. J'aimerais le réduire en miettes et l'abandonner quelque part au loin, jusqu'à ce tout soit fini et que ma tête se calme. J'ai oublié tout ce que j'ai pu lire dans ma vie sur la maîtrise de soi en temps de crise.

Texte original en PersanTexte en Anglais

Réponse aux belliqueux

Traduction d'un texte de Mohamad M., écrit le 7 mars 2026.

Ils disent que quiconque s'oppose à l'intervention étrangère, serait en faveur du régime actuel. Comme si le monde était divisé en deux camps morbides : la tyrannie en interne, ou les bombes étrangères. Mais cette binarité est une illusion, un piège ! Le peuple qui luttait pour essayer de respirer sous la répression, c'est le même qui est aujourd'hui victime des flammes de la guerre. Les bombes n'apportent pas la liberté. Elles ne font que jeter de la cendre sur nos plaies, et renforcer la tyrannie sous couvert de “défense”.

S'opposer à la guerre, ce n'est absolument pas défendre le pouvoir en place. Au contraire, s'opposer à la guerre, c'est défendre le droit d'un peuple à écrire sa propre destinée : ni derrière les barreaux, ni sous le rugissement des avions de chasse.

Texte original en PersanTexte en Anglais

Un voile de chagrin

Texte de Jina Baniyaghoub, ancienne prisonnière politique en Iran, interdite d'exercer la profession de journaliste pendant trente ans par les tribunaux révolutionnaires. Écrit le 5 mars 2026.

Hier, à l'aube du cinquième jour de la guerre, j'ai marché longuement le long de l'avenue Vali'asr à Téhéran, ici même où, pendant la plupart des soirées d'Esfand (février/mars) de ces dernières années, j'avais l'habitude de traverser une foule agitée et excitée à l'approche de Norouz (nouvel an persan qui a lieu au moment de l'équinoxe printanier).

Habituellement, il y avait davantage de vendeur·euse·s de rue à cette période de l'année (et en particulier de vendeuses). J'essayais toujours de soutenir les vendeuses en leur achetant des choses. Certaines venaient de loin pour vendre leurs produits. Il y avait par exemple une femme originaire de Birjand qui vendait des prunes séchées. Une autre vendait de l'aneth et de la menthe séchée. Une jeune femme faisait la réclame pour ses écharpes brodées, en disant qu'on ne trouverait pas de meilleures affaire que celle-ci.

Les voix des vendeurs et des vendeuses se mêlaient à celles des client·e·s, les uns et les autres se faisaient des plaisanteries, négociaient encore et encore.

Hier pourtant, l'avenue Vali'asr était étrangement silencieuse. Tellement dépourvue de vie et déserte, que j'ai ressenti comme un voile de chagrin s'emparer de tout mon être. Il n'y avait aucun·e vendeur·euse de rue, seules quelques boutiques étaient ouvertes, et la majorité étaient vidées de leurs client·e·s.

Ces derniers jours, j'ai beau chercher partout, je n'arrive plus à retrouver la ville que je connaissais.

J'ai la gorge serrée. Où est passé notre Esfand ? Sa joie et son énergie ? Où sont passé toustes ces vendeur·euse·s de rue, qui plaçaient tous leurs espoirs sur les ventes du nouvel an ? Leur situation économique, déjà si précaire, est devenue encore plus difficile en ces temps de guerre... Je suis allée à l'épicerie, je n'avais besoin de rien mais j'y suis allée quand même. Les rayons étaient remplis de produits de toutes sortes : huiles, riz, légumes, toutes sortes de confitures... Mais il n'y avait pas plus que deux ou trois client·e·s dans le magasin.

Les vendeur·euse·s regardaient passer les quelques client·e·s avec tristesse. J'ai décidé de faire un petit achat pour apaiser un peu leur douleur.

Ils nous disaient : “Il semblerait que la plupart des gens ont quitté Téhéran. Jusqu'où la guerre détruira-t-elle nos vies ? A votre avis, quand est-ce que la guerre se terminera ? Est-ce qu'elle va finir un jour, même ?” Les larmes me montèrent aux yeux et je sortis précipitamment de la boutique. Je me mis à marcher d'un pas rapide, en accélérant, comme si, plus je marchais vite, plus je calmais mes angoisses.

Je suis arrivée sur la place. Il y avait plusieurs personnes qui brandissaient des drapeaux iraniens en s'exclamant “Mort à Israël ! Mort à l'Amérique !”. Je me suis assise dans un coin et les aies observées. Puis elles se sont mises à crier : “Mort aux traitres à la patrie !”. La plupart d'entre elles portaient un tchador, mais il y avait aussi quelques jeunes filles qui ne portaient pas de voile, ou à peine, et qui scandaient avec passion : “Mort à Israël !”. Une jeune femme aux cheveux longs, sans foulard, traversait la place d'un pas vif, un grand drapeau à la main.

Je me suis dit qu'ici, c'est notre maison, c'est là où sont nos vies... Pourquoi désirent-ils sa destruction ?

Téhéran – 14 Esfand 1404.

Texte original en PersanTexte en Anglais

Des images de résistance

Traduction d'un témoignage d'un citoyen téhéranais, écrit le 4 mars 2026.

Aujourd'hui, j'ai quitté ma chambre, mon logement, et ma ville, Téhéran. Pour le moment, c'est censé être pour trois jours. J'espère qu'il n'y aura pas besoin de prolonger. J'ai pris une photo pour garder un souvenir de chez moi, au cas où je ne peux plus jamais revenir. Un peu plus tard, en regardant de nouveau la photo, l'image de la grand-mère de Mohammed El-Kurd qui est restée à Sheikh Jarrah jusqu'au dernier moment m'a fait me sentir honteux.

Et puis, je me suis dit que nous reviendrons. Nous sauverons cette ville des démons tyranniques, des tueurs d'enfants, de la malédiction des belliqueux qui ne désirent rien d'autre que la destruction. Car cette ville, c'est notre maison.

Vous avez toustes vu des images de la guerre, mais ce qui se perd au milieu de toutes ces images, ce sont les images de résistance. Je ne parle pas de ces images génériques qu'on voit à la télévision : je parle de la résistance du peuple contre les monstres de la mort.

Vous n'avez pas vu d'image de ce vieil homme de notre quartier, qui arpente les rues tous les jours, dans son beau survêt', prenant des nouvelles de ses ami·e·s au téléphone. Ou d'image de ma tante qui passe encore plus de temps qu'avant à aller nourrir les chats de gouttières terrifiés du quartier. Ou d'images de mon peuple montant sur les toits des immeubles, alors que la ville tremble sous les bombardements, et qui essaye tant bien que mal de se donner du courage à l'aide d'un sourire ou d'une salutation. Le bruit de ce motard qui chante pour tout le quartier, tous les soirs, quand il rentre du travail. Le bruit des enfants qui jouent au football dans la cours, le bruit des oiseaux qui ne nous ont pas encore abandonné·e·s.

Il est là, le vrai “réseau de radio et de télévision” de notre ville dévastée par la guerre.

Texte en Persan et en Anglais