Si la guerre servait à apporter la paix, le Moyen-Orient serait l'endroit le plus libre du monde
Traduction d'un texte d'Arash Sadeghi, ancien prisonnier politique. Ecrit le 27 février 2026, quelques heures à peine avant l'attaque.Après avoir assisté au massacre de ses enfants en janvier, le peuple de ce pays se retrouve désormais au seuil d'une guerre généralisée.
C'est pourquoi il faut que nous parlions des souffrances engendrées par la guerre. En particulier quand il s'agit d'une guerre mondiale qui pourrait s'éterniser, avec des conséquences destructrices pour toutes les générations à venir.
Puisque la guerre a, de manière intrinsèque, la capacité de réveiller les pires instincts et de les rallier à sa cause, et que l'Histoire montre que la conséquence immédiate de toutes les guerres, c'est d'abord la mort d'innombrables personnes innocentes, c'est précisément pour cela que nous devons envisager la guerre sous le prisme des droits humains.
Fort·e·s de notre douloureuse expérience historique, s'il y a bien une chose que nous avons compris, c'est que la guerre n'a jamais rien apporté en terme de liberté, d'égalité et de respect des droits humains. Car la guerre annihile la capacité d'action des peuples. Et en l'absence du “peuple” en tant que moteur politique, parler de liberté, d'égalité ou de droits humains n'a plus aucun sens.
C'est pourquoi nous devons, sans hésitation, parler des souffrances de la guerre, malgré l'enthousiasme mercantile de certains, qui usent de techniques de manipulation médiatiques pour présenter une image caricaturale et édulcorée de la guerre à un peuple qui ne s'est pas encore remis de ses derniers coups.
Si la guerre servait à apporter la paix, le Moyen-Orient serait l'endroit le plus libre du monde.
A présent, il faut clarifier un point : aujourd'hui, notre objectif n'est pas “le pacifisme”. L'objectif n'est pas de défendre la paix comme un idéal moral, ou un rêve. L'enjeu est bien plus simple et en même temps plus fondamental : Nous ne voulons pas la guerre.
Il ne s'agit là ni d'un manifeste politique, ni d'une vision romantique. Il s'agit de la défense du droit le plus fondamental : le droit de ne pas désirer mourir.
Le droit à la vie est la condition préalable de tout changement politique.
Et tout avenir qui commence par la mort imposée a déjà perdu une part de son humanité.