Div-e Gorbeh

دیو گربه

Un “leader” hypocrite

Traduction d'un texte de Iran's Feminist Liberation du 16 février 2026.

Si jamais vous vous demandez pourquoi certain·e·s d'entre nous ne placent aucun espoir dans des figures comme Reza Pahlavi, voici des éléments de réponses.

Alors que Reza Pahlavi encourageait les Iranien·ne·s habitant à l'intérieur du pays à sortir dans les rues, au risque de se faire tirer dessus à balles réelles, dans un climat d'arrestations de masse, de tortures et d'exécutions, il s'évertuait à diffuser des discours et des slogans creux, sans aucune stratégie derrière, aucune infrastructure et aucune protection tangible à proposer à celleux qui se battaient au péril de leurs vies.

C'est tellement facile d'inciter au sacrifice depuis le confort de son canapé. C'est facile de dire aux gens “Allez protester !” quand ce n'est pas toi qui te fera pourchasser, quand ta famille n'est pas menacée, quand ton corps n'est pas en première ligne.

Le contraste est saisissant : les Iranien·ne·s ordinaires risquent tout dans les rues, pendant que les leaders auto-proclamés délivrent des discours raffinés depuis l'étranger, protégés par des vitres pares-balles, préservés des conséquences du soulèvement qu'ils invoquent avec tant de facilité. Le peuple d'Iran mérite mieux que de la symbolique de la part de ceux qui prétendent le représenter. Il mérite des prises de responsabilité, une stratégie et une solidarité qui ne s'arrêtent pas à la frontière.

Alors, nous demandons simplement : qu'est-ce qui a été construit de significatif jusque là pour soutenir celleux qui vivent en Iran, pour faire face à ce régime brutal, hormis des discours, des séances photo, des alliances avec des politiciens étrangers tordus et autres criminels de guerre ?

Les Iranien·ne·s, et en particulier les femmes, les minorités, les personnes queers et la classe laborieuse, méritent une réelle libération. Iels méritent d'être libéré·e·s des ayatollahs, mais aussi des personnages opportunistes comme Pahlavi.

Texte original en Anglais

En soutien à la lutte du peuple

Vers une liberté et une égalité véritables, sans retour vers le passé

Déclaration du Syndicat des Travailleur·euse·s de la Compagnie de Bus de Téhéran et ses Banlieues du 7 janvier 2026 (17 dey 1404)

Les manifestations et les grèves populaires qui secouent de nombreuses villes du pays entrent dans leur onzième journée. En dépit d'une ambiance sécuritaire tendue, d'un déploiement massif de forces de police et de sécurité, et d'une violente répression, les mouvements de protestation suivent leur cours sans s'affaiblir. Selon les informations disponibles, des manifestations ont été observées dans au moins 174 lieus répartis dans 60 villes et 25 provinces. Des centaines de manifestant·e·s ont été arrêté·e·s. Malheureusement, au moins 35 personnes (y compris des enfants) ont été assassinées au cours des manifestations. [Le texte date du 7 janvier 2026, soit juste avant les 2 jours de massacre]

De janvier 2018 à novembre 2019 (dey 1396 à ābān 1398), et en septembre 2022 (shahrivar 1401), le peuple iranien opprimé est régulièrement descendu dans les rues pour exprimer son rejet des relations de domination et des structures économiques et politiques actuelles, fondées sur l'exploitation et les inégalités. Ces mouvements de contestation ne revendiquent pas un retour en arrière, mais visent au contraire à construire un avenir affranchi de la domination du capital, un futur qui prend ses racines dans la liberté, l'égalité, la justice sociale et le respect de la dignité humaine.

Tout en exprimant notre solidarité avec les luttes populaires contre la pauvreté, le chômage, les discriminations et la répression, nous nous opposons catégoriquement à tout retour vers un passé marqué du sceau de l'inégalité, de la corruption et de l'injustice. Nous sommes convaincu·e·s qu'une véritable libération ne pourra être atteinte qu'à travers une mobilisation et une participation conscientes et organisées de la classe ouvrière et des personnes opprimées elles-mêmes, et non par la résurrection de formes de pouvoir anciennes et autoritaires. Car celleux qui sont en première ligne, qui continuent de lutter courageusement en risquant la répression, les arrestations, les licenciements et les pressions économiques, ce sont les travailleur·euse·s, les enseignant·e·s, les retraité·e·s, les infirmier·e·s, les étudiant·e·s, les femmes, les jeunes... Le Syndicat des Travailleur·euse·s de la Compagnie de Bus de Téhéran et ses Banlieues souligne la nécessité de continuer à mener des manifestations indépendantes, conscientes et organisées.

Nous l'avons déjà dit à maintes reprises et continuerons à le marteler : la voie de l'émancipation des travailleur·euse·s et des opprimé·e·s ne réside ni dans un chef auto-proclamé, ni dans le soutien de puissances étrangères, ni dans les luttes internes au sein du gouvernement, mais bien dans l'union, la solidarité et la création d'organisations indépendantes au sein de nos lieux de travail, dans nos communautés locales et à l'échelle nationale. Nous ne devons pas nous laisser instrumentaliser une fois de plus par les jeux de pouvoir et les intérêts des classes dominantes.

Le Syndicat condamne également avec fermeté toute propagande, justification ou soutien à l'intervention militaire par des nations étrangères, notamment des États-Unis et d'Israël. De telles interventions conduisent non seulement à la destruction de la société civile et à la mort de citoyen·ne·s, mais fournissent également un prétexte supplémentaire au gouvernement pour perpétuer sa violente répression. Les expériences passées nous ont déjà montré à quel point les états occidentaux dominants n'accordent aucune importance à la liberté, aux existences et aux droits du peuple iranien.

Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes incarcérées et insistons sur la nécessité d'identifier et de dénoncer tous les auteurs et complices de ces massacres.

Longue vie à la liberté, l'égalité, et la solidarité des peuples !

L'émancipation des travailleur·euse·s réside dans l'union et l'organisation !

Le Syndicat des Travailleur·euse·s de la Compagnie de Bus de Téhéran et ses Banlieues سنديكای کارگران شركت واحد اتوبوسرانی تهران و حومه (Sandikāy-e Kārgarān-e Sherkat-e Vāhed Otobousrāni Tehrān va Homeh)

Texte original en PersanTexte en Anglais