Jean VOGUET Composer

reflection

 

 

Grammatiser l'espace volumiphonique

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Historiquement, les écritures musicales font partie des premières formes de grammatisation que Bernard Stiegler signifiait comme un processus de décomposition des flux temporels de la conscience en éléments formels. Ceux-ci pouvant être — tel un flux sonore — transformés, hybridés, recombinés, etc. par la notation musicale en composantes associées, organisées à l’infini.

La complexité des espaces sonores actuels, soit construits en synthèse 3D, soit induits statistiquement, nous fait ainsi entendre l'étendue de notre imagination à travers des mondes hypothétiques souvent polysémiques et les résultats de notre aptitude à explorer certains espaces latents (multidimensionnels) via des paysages sonores intrinsèquement probables.

Pour ce faire, et c’est là qu’intervient le volumiphonium ¹, cette diffusion en 3D nécessite — en plus du périphonique — l’utilisation de zones/espaces endophoniques et parfois exophoniques, voir allocentriques. Ce que la volumiphonie nous fait alors entendre peut même inférer un espace d’écoute phénoménal (4D) en utilisant des modules de type tesseracts ².

L’autre fondement de cette écoute se situe en amont dans le processus compositionnel où la répartition des flux et des masses sonores s’effectue structurellement par couches, circulations, émergences, etc. dans les différentes zones des nombreux volumes disponibles créés par la disposition (à minima périphonique et endophonique) des haut-parleurs.

Composer une volumiphonie, c’est avant tout activer x éventualités que sous-entend cet espace de potentialités, comparable à l’espace latent, multidimensionnel, où les sons mutent à travers un continuum de possibilités. Mais cela ne va pas sans problème, car autant le déplacement des sons dans un espace périphonique s’avère relativement prévisible, autant le comportement d’un même son (ou groupe de sons) qui se meut dans les différents et multiples volumes d’un espace volumiphonique varie selon les situations, les orientations, les formes et les dimensions de ces mêmes volumes. Ainsi ce processus inédit de distinction sonore, quelque part : des sons de sons, s’impose comme un des fondements constitutifs de ce nouveau mode compositionnel qui s’appuie sur des ressemblances sonores inouïes et imprévisibles, accordant un rôle formel aux sons dépourvus de sens.

Une diffusion volumiphonique rapproche notre faculté de percevoir dans l’espace monde des sources sonores multiples et distinctes à celle, moins courante, d’écouter une musique contextualisée et “re-naturalisée”. En quelque sorte, il s’agit de stimuler notre curiosité par une appropriation personnalisée (déplacements et situations de l’auditeur) de l’espace musical ainsi proposé.

¹ Un dispositif de diffusion multicanale en 3D utilisant le multicouche, le multivolume et le multizone. ² https://fr.wikipedia.org/wiki/Espace_%C3%A0_quatre_dimensions

 


Grammatize the volumiphonic space

Historically, musical notation ranks among the earliest forms of grammatization, which Bernard Stiegler has defined as a process of breaking down the temporal flows of consciousness into formal elements. These elements can be transformed, hybridized, recombined, etc., like a flow of sound, through musical notation into associated components that can be organized in infinite ways.

The complexity of today's sound spaces, whether constructed using 3D synthesis or generated statistically, allows us to hear the extent of our imagination through often polysemic hypothetical worlds and the results of our ability to explore certain latent (multidimensional) spaces via intrinsically probable soundscapes.

To achieve this, and this is where volumiphonium ¹ comes in, this 3D diffusion, in order to be volumetric, requires – in addition to periphonic – the use of endophonic and sometimes exophonic, even allocentric zones/spaces. What volumiphony allows us to hear can even infer a phenomenal listening space (4D) using tesseract-type modules ².

The other basis for this listening lies upstream in the compositional process, where the distribution of sound flows and masses is carried out structurally using layers, circulations, emergences, etc. in the different zones of the numerous volumes available, created by the arrangement (at least periphonic and endophonic) of the speakers.

Composing a volumiphony is first and foremost activating the x possibilities implicit in this space of potentialities, comparable to a multidimensional latent space where sounds mutate across a continuum of possibilities. But this is not without its problems, because while the movement of sounds in a periphonic space is relatively predictable, the behavior of the same sound (or group of sounds) moving through the different and multiple volumes of a volumiphonics space varies according to the situations, orientations, shapes, and dimensions of these same volumes. Thus, this unprecedented process of sound distinction, somewhere : of sounds of sounds, imposes itself as one of the constituent foundations of this new compositional mode, which relies on unprecedented and unpredictable sound resemblances, accorded a formal role to sounds devoid of meaning.

A volumiphonics diffusion brings our ability to perceive multiple and distinct sound sources in the “espace monde” closer to the less common experience of listening to contextualized and “renaturalized” music. In a way, it is a matter of stimulating our curiosity through a personalized appropriation (movements and situations of the listener) of the musical space thus offered.

¹ A 3D multichannel diffusing device using multilayer, multivolume, and multizone technology. ² https://en.wikipedia.org/wiki/Four-dimensional_space?oldid=977945351

January 2026

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Jean VOGUET Composer Acousmatic Geophonies & Heterotopias – Volumiphony


 

 

Dénommer l’immersivité sonore

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Il est grand temps, et même fondamental, de remédier à cette confusion généralisée qui sévit quand il s’agit de communiquer sur les morphologies et volumétries sonores multicanales en proposant des mots simples et imagés. Pour ce faire, un petit tour d’horizon s’impose.

Considérant les différents modes de spatialisation volumétriques, qu’ils soient : – périphonique (tout autour) ; – endophonique (en dedans) ; – exophonique (en dehors) ; – allocentrique ¹ (décentré) ; les présenter en utilisant des termes polysémiques imprécis tels le multicanal ou la multiphonie (mot appartenant/utilisé par le chant choral depuis des siècles) ne met pas en évidence l'essentielle et incontournable élévation (Z).

En fait, il s'agit de mots fourre-tout qui englobent le linéaire et le volumétrique sans distinction aucune alors qu'il s'agit fondamentalement de deux univers bien distincts. Le premier n'étant qu'un élargissement du champ stéréo, contrairement au second qui s'avère être le b.a.-ba de la spatialisation en 3D. D’ailleurs, parler de spatialisation en stéréo est une ineptie tant l'espace, qu'il soit euclidien (3D), courbe : non euclidien (nD) ou phénoménal : Espace-temps (4D) “noie” cette allégation en la réduisant à sa toute simple et unique dimension : la superficie linéaire.

Contrairement à tout cela, les termes audio 3D et volumiphonie sont très clairs sur ce point en affirmant, pour le premier le nombre de dimensions, pour le second l'aspect volumétrique de l'espace de diffusion sonore.

Alors, lequel choisir quand il s’agit de multicanalité sonore ? Là encore, ces deux modes de pensée/composition puis écoute présentent deux facettes de la spatialisation : – l’audio 3D s’apparente à tous les espaces euclidiens multicanaux, voire même binauraux ; – La volumiphonie exprime les diversités spatiales asymétriques (telles les forêts anciennes à haute naturalité, les formes urbaines ou tous parcours d’écoute, etc.) de tous les dispositifs de diffusions multicanaux non normalisés à contrario de l’ambisonique (dômes) et des cubes formatés.

Pour éviter des expressions composées telles : œuvre multiphonique volumétrique, multicouche multidimensionnel, spatialisation multicanale, espaces volumétriques multicanaux… et clarifier la communication sur le multicanal sonore volumétrique, il n’y a donc pas une seule dénomination possible, mais bien deux.

L’audio 3D et la volumiphonie permettent toutes les deux de simplifier le vocabulaire et d’imager grandement l’immersivité sonore.

 


¹ Approche de spatialisation décentrée, qui prend en compte la diversité des points de vue dans l’espace. Elle vise à créer une expérience immersive collective, fluide et ouverte à différents positionnements physiques et sensoriels. https://sat.qc.ca/fr/nouvelles/scenophonie-une-approche-allocentrique-de-limmersion-sonore/

 


Denominating sound immersivity

It is high time, and indeed essential, to remedy the widespread confusion that prevails when communicating about morphologies and volumetrics multichannel sound by proposing simple and vivid terms. To do so, a brief overview is in order.

Considering the different modes of volumetric spatialization, whether they are : – periphonic (all around) ; – endophonic (inside) ; – exophonic (outside) ; – allocentric ² (decentered) ; presenting them using imprecise, polysemous terms such as multichannel or multiphony (a word that has belonged to/been used by choral singing for centuries) does not highlight the essential and unavoidable elevation (Z).

In fact, these are catch-all terms that encompass both linear and volumetric spatialization without distinction, when in fact they are two fundamentally different concepts. The former is simply an extension of the stereo field, whereas the latter is the basis of 3D spatialization. Moreover, talking about spatialization in stereo is nonsense, since space, whether Euclidean (3D), curved : non-Euclidean (nD) or phenomenal : Space-time (4D), “drowns” this claim by reducing it to its simplest and only dimension: linear surface area.

In contrast to all this, the terms 3D audio and volumiphony are very clear on this point, the former referring to the number of dimensions and the latter to the volumetric aspect of the sound diffusion space.

So, which one should you choose when it comes to multichannel sound ? Here again, these two modes of thinking/composition and then listening present two facets of spatialization : – 3D audio is similar to all multichannel Euclidean spaces, even binaural ones ; – Volumiphony expresses the asymmetrical spatial diversity (such as ancient forests with a high degree of naturalness, urban forms, or any listening path, etc.) of all non-standardized multichannel diffusion devices, as opposed to ambisonic (domes) and formatted cubes.

To avoid compound expressions such as volumetric multiphonic work, multidimensional multilayer, multichannel spatialization, multichannel volumetric spaces… and to clarify communication on volumetric multichannel sound, there is not just one possible name, but two.

Both 3D audio and volumetric sound simplify the vocabulary and greatly image sound immersion.

 


² A decentralized spatialization approach that takes into account the diversity of viewpoints in space. It aims to create a collective, immersive experience that is fluid and open to different physical and sensory positions. https://sat.qc.ca/fr/nouvelles/scenophonie-une-approche-allocentrique-de-limmersion-sonore/

November 2025

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Jean VOGUET Composer Acousmatic Geophonies & Heterotopias – Volumiphony