
Grammatiser l'espace volumiphonique
Historiquement, les écritures musicales font partie des premières formes de grammatisation que Bernard Stiegler signifiait comme un processus de décomposition des flux temporels de la conscience en éléments formels. Ceux-ci pouvant être — tel un flux sonore — transformés, hybridés, recombinés, etc. par la notation musicale en composantes associées, organisées à l’infini.
La complexité des espaces sonores actuels, soit construits en synthèse 3D, soit induits statistiquement, nous fait ainsi entendre l'étendue de notre imagination à travers des mondes hypothétiques souvent polysémiques et les résultats de notre aptitude à explorer certains espaces latents (multidimensionnels) via des paysages sonores intrinsèquement probables.
Pour ce faire, et c’est là qu’intervient le volumiphonium ¹, cette diffusion en 3D nécessite — en plus du périphonique — l’utilisation de zones/espaces endophoniques et parfois exophoniques, voir allocentriques. Ce que la volumiphonie nous fait alors entendre peut même inférer un espace d’écoute phénoménal (4D) en utilisant des modules de type tesseracts ².
L’autre fondement de cette écoute se situe en amont dans le processus compositionnel où la répartition des flux et des masses sonores s’effectue structurellement par couches, circulations, émergences, etc. dans les différentes zones des nombreux volumes disponibles créés par la disposition (à minima périphonique et endophonique) des haut-parleurs.

Composer une volumiphonie, c’est avant tout activer x éventualités que sous-entend cet espace de potentialités, comparable à l’espace latent, multidimensionnel, où les sons mutent à travers un continuum de possibilités. Mais cela ne va pas sans problème, car autant le déplacement des sons dans un espace périphonique s’avère relativement prévisible, autant le comportement d’un même son (ou groupe de sons) qui se meut dans les différents et multiples volumes d’un espace volumiphonique varie selon les situations, les orientations, les formes et les dimensions de ces mêmes volumes. Ainsi ce processus inédit de distinction sonore, quelque part : des sons de sons, s’impose comme un des fondements constitutifs de ce nouveau mode compositionnel qui s’appuie sur des ressemblances sonores inouïes et imprévisibles, accordant un rôle formel aux sons dépourvus de sens.
Une diffusion volumiphonique rapproche notre faculté de percevoir dans l’espace monde des sources sonores multiples et distinctes à celle, moins courante, d’écouter une musique contextualisée et “re-naturalisée”. En quelque sorte, il s’agit de stimuler notre curiosité par une appropriation personnalisée (déplacements et situations de l’auditeur) de l’espace musical ainsi proposé.
¹ Un dispositif de diffusion multicanale en 3D utilisant le multicouche, le multivolume et le multizone. ² https://fr.wikipedia.org/wiki/Espace_%C3%A0_quatre_dimensions
Grammatize the volumiphonic space
Historically, musical notation ranks among the earliest forms of grammatization, which Bernard Stiegler has defined as a process of breaking down the temporal flows of consciousness into formal elements. These elements can be transformed, hybridized, recombined, etc., like a flow of sound, through musical notation into associated components that can be organized in infinite ways.
The complexity of today's sound spaces, whether constructed using 3D synthesis or generated statistically, allows us to hear the extent of our imagination through often polysemic hypothetical worlds and the results of our ability to explore certain latent (multidimensional) spaces via intrinsically probable soundscapes.
To achieve this, and this is where volumiphonium ¹ comes in, this 3D diffusion, in order to be volumetric, requires – in addition to periphonic – the use of endophonic and sometimes exophonic, even allocentric zones/spaces. What volumiphony allows us to hear can even infer a phenomenal listening space (4D) using tesseract-type modules ².
The other basis for this listening lies upstream in the compositional process, where the distribution of sound flows and masses is carried out structurally using layers, circulations, emergences, etc. in the different zones of the numerous volumes available, created by the arrangement (at least periphonic and endophonic) of the speakers.
Composing a volumiphony is first and foremost activating the x possibilities implicit in this space of potentialities, comparable to a multidimensional latent space where sounds mutate across a continuum of possibilities. But this is not without its problems, because while the movement of sounds in a periphonic space is relatively predictable, the behavior of the same sound (or group of sounds) moving through the different and multiple volumes of a volumiphonics space varies according to the situations, orientations, shapes, and dimensions of these same volumes. Thus, this unprecedented process of sound distinction, somewhere : of sounds of sounds, imposes itself as one of the constituent foundations of this new compositional mode, which relies on unprecedented and unpredictable sound resemblances, accorded a formal role to sounds devoid of meaning.
A volumiphonics diffusion brings our ability to perceive multiple and distinct sound sources in the “espace monde” closer to the less common experience of listening to contextualized and “renaturalized” music. In a way, it is a matter of stimulating our curiosity through a personalized appropriation (movements and situations of the listener) of the musical space thus offered.
¹ A 3D multichannel diffusing device using multilayer, multivolume, and multizone technology. ² https://en.wikipedia.org/wiki/Four-dimensional_space?oldid=977945351
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Jean VOGUET Composer Acousmatic Geophonies & Heterotopias – Volumiphony










